15 mai 2007

Le Musée des Civilisations

Le Musée canadien des civilisations est le musée le plus populaire du Canada et le plus grand établissement culturel au pays. C'est vrai qu'il est grand. Le bâtiment qui l'abrite, trésor d'architecture aux lignes moelleuses, a été concu par Douglas Cardinal: "Le Musée a une forme symbolique. Il reflète la naissance de notre continent, ses formes sculptées par le vent, les cours d'eau et les glaciers. Il évoque la naissance de l'homme et de la femme qui vivent en harmonie avec les forces de la nature et qui évoluent avec elles. Il témoigne de la façon dont l'homme a su apprivoiser l'environnement pour atteindre ses objectifs et réaliser ses aspirations."Des Outaouais jouent au dernier des Mohicans au-dessus de la billetterie.Le dôme. Trois expositions permanentes se tiennent au musée, soit d'abord la Grande Galerie, dans laquelle on trouve la plus grande collection intérieure de totems au monde. Les formes imbriquées à perte de vue, mi-divines mi-humaines mi-bestiales sont vraiment impressionnantes (mi, mi, mi, ca existe-tu ca comme proportion ?). Les totems les plus anciens ont été découverts dans la communauté d'Haïda, in the far far West du continent, ce qui n'est pas pour déplaire à notre petite Aïda.Ensuite on trouve la salle des Premiers Peuples, dans laquelle on en apprend long sur l'histoire et la culture des Autochtones du Canada. La plupart des noms de ville au Canada sont dérivés des quelque 53 dialectes autochtones répertoriés à ce jour. Certains noms ne manquent pas d'humour, par exemple damliwas, « lieu de vibrations », le nom Kwakwaka'wakw de l'île Hansen, au sud de l'île Malcolm. « Une femme qui s'était mariée dans le village situé à l'embouchure de la rivière Nimpkish avait terriblement le mal du pays. Elle se rendit sur la plage et s'assit sur une grosse pierre, regardant avec nostalgie dans la direction de son village, plus bas sur le détroit. Et là elle lâcha un vent, un vent si puissant qu'il désintégra la grosse pierre en minuscules galets, et que les vibrations de l'explosion se firent sentir jusqu'à l'île Hansen, là-bas dans le détroit. » Mais si le verbe a perduré, la plupart des choses exposées sont des reconstitutions récentes, et non d'authentiques objets d'artisanat. En observer l'ancienneté donne un drôle de sentiment. Ici, une fresque murale peinte par un Autochtone d'aujourd'hui nous laisse entrevoir les mystères de la cosmogonie Inuit (= littéralement, «être humain»).L'histoire raconte que la première femme aurait donné naissance à deux enfants, un par le vagin et l'autre par une côte. Celui-ci, hérault du Bien, et celui-là, émissaire du Mal, se livrèrent une lutte sans merci pour régir aux destinées du monde. Finalement, c'est le Bien qui triompha sur Terre et le Mal fut relégué dans les profondeurs de la terre, d'où il nous envoie encore, de temps en temps, ses mauvaises intentions. Enfin, la salle du Canada, à travers laquelle nous revivons les grandes époques du Canada. J'ai particulièrement apprécié les scènes de chasse à la baleine, avec son lot de chaudrons fumants, de graisse, de rouge à lèvre, d'éthique et de démesure. Mais voilà la porte qui s'ouvre, et ruisselant d'eau Le père apparaît hors d'haleine, Tenant la baleine sur son dos. Il jette l'animal sur la table, une belle baleine aux yeux bleus, Une bête comme on en voit peu, Et dit d'une voix lamentable : Dépêchez-vous de la dépecer, J'ai faim, j'ai soif, je veux manger. Mais voilà Prosper qui se lève, Regardant son père dans le blanc des yeux, Dans le blanc des yeux bleus de son père, Bleus comme ceux de la baleine aux yeux bleus : Et pourquoi donc je dépècerais une pauvre bête qui m'a rien fait? Tant pis, j'abandonne ma part. Puis il jette le couteau par terre, Mais la baleine s'en empare, et se précipitant sur le père Elle le transperce de père en part. Ah, ah, dit le cousin Gaston, On me rappelle la chasse, la chasse aux papillons.

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